Le géant chinois de la tech, que l’on connaît surtout pour ses smartphones et objets connectés, continue sa reconversion audacieuse dans l’automobile. Après un faux départ et quelques critiques virulentes, Xiaomi veut tourner la page avec sa SU7 Ultra, une berline électrique aux allures de supercar. Et pour prouver son sérieux, la marque s’allie désormais à un haut lieu de la vitesse : le mythique circuit du Nürburgring.
Une entrée en scène électrique mais controversée
Quand j’ai entendu qu’un ami techos roulait en Xiaomi, j’ai cru à une blague. Pourtant, depuis 2023, le constructeur s’est lancé dans l’aventure automobile. Sa première berline, la SU7, a rapidement fait parler d’elle, surtout dans sa déclinaison Ultra. Sur le papier, c’est du costaud : trois moteurs, 1 548 chevaux, et le 0 à 100 km/h expédié en 1,98 seconde. De quoi faire rougir une Tesla Model S Plaid.
Mais Xiaomi a mis les freins, littéralement. À la suite d’un accident mortel impliquant un autre véhicule performant, la marque a préféré limiter la puissance à 900 chevaux, suscitant l’ire des premiers clients. Pour débloquer tout le potentiel, il fallait prouver sa prudence sur circuit — une procédure qui a semblé absurde à beaucoup.

Un mea culpa en règle
Face au tollé, Xiaomi n’a pas traîné. La marque a reconnu son erreur dans un message publié sur Weibo, affirmant avoir suspendu la mesure. Elle promet désormais une meilleure écoute et une communication plus claire avec sa communauté d’automobilistes. Une mise à jour corrective est attendue d’ici 4 à 8 semaines pour ceux qui se retrouvaient coincés avec une voiture bridée.
Dans le même esprit, Xiaomi a introduit une pause obligatoire de 60 secondes entre chaque activation du launch control — histoire d’éviter les départs de Grand Prix à chaque feu rouge. Reste à voir si cette fonction, jugée trop contraignante par certains, survivra à la prochaine mise à jour.
Xiaomi s’allie au Nürburgring pour redorer son image
Pour regagner la confiance du public et s’imposer dans l’univers très exigeant de l’automobile sportive, Xiaomi a trouvé un partenaire de choix : le Nürburgring. Ce circuit mythique allemand, redouté par les pilotes du monde entier, devient terrain de jeu officiel de la marque.
En novembre 2024, la SU7 Ultra y avait déjà fait sensation en devenant la voiture électrique la plus rapide de la Nordschleife, devant même les références que sont la Porsche Taycan et la Tesla Model S Plaid. Certes, il s’agissait d’un prototype très allégé, mais Xiaomi prévoit de réitérer l’exploit avec la version de série.
Et ce partenariat ne s’arrête pas là : un virage du circuit porte désormais le nom de Xiaomi, et des publicités de la marque fleurissent autour de la piste. L’objectif est clair : se positionner comme un acteur crédible de la performance électrique, en misant sur une image forte et assumée.

Vers une arrivée en Europe ?
La SU7 Ultra est déjà en vente en Chine pour environ 70 000 euros, un tarif musclé mais cohérent avec ses performances. En revanche, si elle débarque en Europe, le ticket d’entrée pourrait grimper, notamment à cause des droits de douane imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois.
À ce jour, Xiaomi n’a présenté la SU7 qu’une seule fois en France, lors d’un événement statique. Mais avec ce virage stratégique au Nürburgring, tout laisse à penser que la marque prépare son arrivée sur le Vieux Continent. Et même si la route est semée d’embûches, Xiaomi semble prêt à accélérer — cette fois, sans se brider.




