Moteurs PureTech : Stellantis commence enfin à rembourser les conducteurs lésés

Des milliers d’automobilistes ont vu leur moteur PureTech lâcher sans prévenir, souvent bien avant le kilométrage attendu. Après des mois de plaintes et d’inquiétude, Stellantis met enfin en place un remboursement partiel pour les clients lésés. Une plateforme a été ouverte pour déposer une demande et les premiers courriers d’indemnisation sont enfin en cours d’envoi. Un premier pas qui soulage, mais ne suffit pas encore à éteindre la polémique.

Un moteur au passé prometteur devenu un cauchemar mécanique

Jusqu’à récemment, j’associais le 1.2 PureTech à des trajets fluides et économiques. L’un de mes collègues, propriétaire d’une Citroën C3, chantait ses louanges. Puis un jour, sans prévenir, le moteur a commencé à tousser, à consommer plus d’huile qu’un vieux diesel, et la courroie de distribution a rendu l’âme à 60 000 km. Il n’est pas seul : les témoignages affluent, évoquant les mêmes symptômes.

Ces blocs trois cylindres, montés sur des modèles Peugeot, Citroën, DS et même Opel, souffrent de pannes récurrentes, notamment liées à l’usure prématurée de pièces internes. Résultat : des factures salées qui ont mis les nerfs (et les finances) de nombreux conducteurs à rude épreuve.

Face à cette grogne grandissante, Stellantis a lancé une plateforme d’indemnisation en ligne, permettant aux automobilistes de soumettre un dossier pour espérer un remboursement partiel ou total des frais engagés.

Des débuts difficiles mais des assouplissements bienvenus

Lancée discrètement en janvier, cette plateforme n’a pas fait que des heureux. Beaucoup de clients l’ont trouvée trop stricte, avec des critères d’éligibilité jugés parfois absurdes. En réponse, le groupe a corrigé le tir : la période couverte par l’indemnisation a été étendue jusqu’au 31 décembre 2024, et il est désormais possible de justifier l’entretien du véhicule avec un tampon dans le carnet, en l’absence de facture.

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Même le livret de famille est désormais accepté pour justifier la propriété du véhicule. “Nous avons volontairement suspendu certaines réponses le temps de revoir nos critères, car trop de clients auraient été injustement écartés,” a confié un porte-parole de Stellantis.

Plus de 2 600 remboursements approuvés en France

À ce jour, 2 604 conducteurs vont être intégralement remboursés, sur les 8 222 dossiers enregistrés en France. Stellantis précise que 60 % des dossiers traités ont reçu une réponse favorable, et que les premiers courriers ont été envoyés à partir du 15 avril. Et bonne nouvelle : le remboursement se fait en argent, et non en bons d’achat.

Les critères restent tout de même stricts : pas de prise en charge pour des réparations faites en dehors du réseau Peugeot-Citroën-DS, ni pour des frais non liés à la mécanique (comme deux pneus glissés dans la facture, par exemple). Et étonnamment, certaines demandes concernaient même des modèles hors du groupe, comme le Dacia Duster. Évidemment, ces cas-là sont exclus.

Une plateforme encore ouverte… mais pour combien de temps ?

Si vous êtes concerné, rien n’est perdu : la plateforme reste ouverte et aucune date de clôture n’a été annoncée. Stellantis reconnaît toutefois que la situation reste évolutive : “Nous avançons encore à l’aveugle. Difficile de savoir combien de dossiers restent à venir.”

L’affaire PureTech est donc loin d’être close. Ce scandale, qui touche un cœur de gamme très diffusé en France, rappelle que même les plus grandes marques ne sont pas à l’abri de failles techniques massives. Mais il prouve aussi qu’avec un peu de pression (et beaucoup de dossiers déposés), les consommateurs peuvent faire bouger les lignes.

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Julien
Julien