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Balayeuses électriques : ce constructeur français investit 32 millions pour une usine 100% zéro émission à Toul

Balayeuses électriques : ce constructeur français investit 32 millions pour une usine 100% zéro émission à Toul

À Toul, un chantier industriel se prépare à changer d’échelle. Derrière ce projet se dessine une ambition nette : produire davantage de véhicules de propreté urbaine sans émissions à l’échappement, tout en renforçant une filière française déjà bien installée.

L’investissement est conséquent, le calendrier est fixé et l’objectif dépasse la seule construction d’un bâtiment. Il s’agit aussi de répondre à une demande européenne qui évolue rapidement. Reste à savoir quel industriel porte cette transformation et ce que cette nouvelle usine va réellement apporter au territoire.

Pourquoi les balayeuses électriques deviennent un enjeu industriel

Les balayeuses de voirie, laveuses et machines de nettoyage urbain sont des équipements essentiels au quotidien des villes. Elles interviennent tôt le matin, dans les centres-villes, les zones piétonnes, les sites industriels ou encore près des équipements publics. Leur niveau sonore, leur autonomie et leurs émissions sont donc devenus des critères importants.

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La transition vers l’électrique ne consiste pas seulement à remplacer un moteur. Elle modifie l’assemblage des véhicules, l’organisation des approvisionnements, la maintenance et la disponibilité des pièces détachées. Pour un constructeur, développer cette activité demande donc des capacités de production adaptées.

À Toul, en Meurthe-et-Moselle, le fabricant concerné produit déjà environ 300 balayeuses par an. La nouvelle implantation doit permettre de doubler cette capacité. Le projet répond ainsi à un enjeu industriel concret : accompagner l’électrification sans renoncer à fabriquer localement.

Cette stratégie prend aussi une dimension européenne. Les collectivités et entreprises recherchent des matériels de propreté urbaine plus compatibles avec les contraintes environnementales et l’usage en ville. Mais pour tenir cette promesse, il faut une usine pensée autour de cette montée en puissance.

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Mathieu, filiale de Fayat, investit 32 millions d’euros à Toul

Le constructeur à l’origine du projet est Mathieu, filiale du groupe bordelais Fayat. Présente à Toul depuis 1923, l’entreprise est présentée comme le seul constructeur français de balayeuses et comme le leader européen de ce marché.

Mathieu va investir 32 millions d’euros dans une nouvelle usine située à proximité de ses locaux actuels. Sa mise en service est prévue d’ici à 2028. Le site sera dédié à la fabrication de balayeuses électriques et doit participer au basculement complet de la gamme vers les motorisations électriques.

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La moitié des véhicules de propreté urbaine produits par Mathieu sont déjà électriques. Cette catégorie regroupe les balayeuses, les machines de nettoyage et les laveuses de voirie. L’entreprise vise désormais 100 % de véhicules électriques à l’horizon 2029-2030.

Le projet ne se limite pas aux lignes de fabrication. Les futures installations accueilleront aussi un centre logistique pour le marché européen. Les pièces de rechange des machines y seront centralisées, un point décisif pour assurer l’entretien des équipements et réduire les délais d’immobilisation. La première pierre a été posée le jeudi 23 juillet. Mais encore faut-il comprendre l’impact attendu sur la production et l’emploi.

Une usine pensée pour produire plus et soutenir le marché européen

La future usine de Toul doit avant tout faire passer la production annuelle d’environ 300 à près de 600 balayeuses. Cette hausse de capacité doit permettre à Mathieu d’accompagner l’essor des véhicules électriques, sans déplacer son activité loin de son implantation historique en Meurthe-et-Moselle.

Le nouveau site sera spécifiquement consacré aux balayeuses électriques. Ces machines associent les fonctions de ramassage et de nettoyage à une motorisation électrique adaptée aux usages urbains. Pour les utilisateurs, l’enjeu porte autant sur la qualité du nettoyage que sur la réduction du bruit et des émissions locales lors des tournées.

Les principaux éléments du projet

  • Localisation : Toul, en Meurthe-et-Moselle, à proximité des bâtiments actuels de Mathieu.
  • Investissement industriel : 32 millions d’euros.
  • Calendrier : démarrage prévu d’ici à 2028.
  • Production : passage d’environ 300 balayeuses par an à une capacité doublée.
  • Spécialisation : fabrication de balayeuses électriques.
  • Logistique : création d’un centre centralisant les pièces de rechange destinées au marché européen.
  • Emploi : 20 créations de postes lors de la mise en service.

Le centre logistique complète logiquement l’outil de production. Une balayeuse de voirie est une machine de travail qui doit rester disponible. Centraliser les pièces détachées pour l’Europe peut faciliter le suivi des besoins après-vente et l’alimentation des réseaux de maintenance.

Ce choix donne également au site de Toul une fonction plus large que celle d’une seule usine d’assemblage. Il devient un point d’appui pour la production électrique et le service aux clients européens. Cette organisation rejoint une autre question, très présente dans le débat industriel : l’origine des composants.

Le soutien de l’État et la défense d’une préférence européenne

L’État accompagne le projet à hauteur de 2 millions d’euros. Cette aide se partage à parts égales : 1 million d’euros de subventions et 1 million d’euros d’avance remboursable. Elle s’inscrit dans le cadre de l’électrification des véhicules de propreté urbaine.

Lors d’un déplacement à l’usine, le ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a rappelé que le Premier ministre avait souhaité le lancement d’un plan d’électrification. Ce plan a été lancé à la fin du mois d’avril. Son objectif est d’accompagner les entreprises qui choisissent de passer à l’électrique.

Le ministre a également défendu le principe d’une préférence européenne, un concept discuté au sein de la Commission européenne. L’idée est de privilégier le « made in Europe », non seulement pour l’assemblage final, mais aussi pour les pièces intégrées aux véhicules.

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Dans le cas des machines produites à Toul, Sébastien Martin a souligné que les véhicules intégraient des composants européens. Le sujet est stratégique : une fabrication locale gagne en cohérence lorsque sa chaîne d’approvisionnement reste elle aussi ancrée en Europe. Cette ambition ne dispense toutefois pas l’entreprise de réussir sa transition opérationnelle.

Ce que cette transition dit de Mathieu et du groupe Fayat

Le projet arrive dans une période de forte activité pour l’entreprise. En 2025, Mathieu a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros. Pour un acteur spécialisé dans les équipements de propreté urbaine, investir 32 millions d’euros traduit une volonté de consolider cette position.

L’ancrage toulousain de Mathieu remonte à 1923. La construction d’une usine voisine des bâtiments existants évite une rupture avec ce site historique. Elle permet aussi de préserver une continuité industrielle, tout en ajoutant des moyens adaptés à une production tournée vers l’électrique.

Les 20 emplois créés lors de la mise en service constituent un autre indicateur concret. L’impact ne se mesure pas seulement au nombre de postes. Une usine électrique mobilise aussi des compétences liées à l’assemblage, au contrôle qualité, à la logistique des pièces et au suivi technique des véhicules.

Pour le groupe Fayat, ce développement s’inscrit dans un environnement plus large de matériels professionnels et d’engins. Le groupe est notamment cité dans l’actualité industrielle autour du fabricant d’engins de chantier Mecalac, dont il était sur le point de faire l’acquisition. À Toul, l’enjeu reste néanmoins précis : faire des balayeuses électriques un pilier de production.

Les points à surveiller avant 2028

Il serait prématuré de considérer la transition comme achevée. Aujourd’hui, 50 % des véhicules de propreté urbaine produits par Mathieu sont électriques. L’objectif de 100 % est fixé pour 2029-2030, soit après le démarrage annoncé de la nouvelle usine.

La montée en capacité devra donc s’accompagner d’une montée en gamme et d’une organisation logistique fiable. Le centre de pièces de rechange sera particulièrement important pour les clients européens, car l’entretien conditionne la disponibilité des balayeuses et laveuses de voirie.

Il faut aussi distinguer l’usine elle-même et les véhicules fabriqués. Le projet est présenté comme une usine dédiée à la production électrique, tandis que l’objectif zéro émission concerne les véhicules de propreté urbaine produits par Mathieu à l’horizon 2029-2030.

À Toul, la première pierre marque le début d’un investissement qui combine production, logistique et emploi. Le véritable test viendra avec la mise en service attendue d’ici à 2028, lorsque les nouvelles lignes devront transformer cette ambition industrielle en balayeuses électriques effectivement livrées sur le marché européen.

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