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Voitures électriques : le Royaume-Uni instaure une taxe au kilomètre, et la France pourrait suivre

Voitures électriques : le Royaume-Uni instaure une taxe au kilomètre, et la France pourrait suivre

Une taxe qui change entièrement la façon de rouler, et peut‑être bientôt la vôtre. Le Royaume‑Uni vient de valider un nouveau modèle fiscal appliqué aux voitures électriques, un système qui pourrait bouleverser l’équilibre actuel du marché. Beaucoup y voient déjà un avant‑goût de ce qui pourrait se préparer en France, car l’impact budgétaire est immense. Et les chiffres avancés par Londres montrent pourquoi le sujet devient impossible à ignorer.

Pourquoi cette nouvelle taxe britannique attire autant l’attention

Les ventes de voitures électriques progressent rapidement en Europe. Cette hausse est une bonne nouvelle pour les États qui veulent réduire leur dépendance aux énergies fossiles, surtout dans un contexte de crise au Moyen‑Orient. Mais l’électrification massive du parc crée un effet secondaire majeur : la chute progressive des recettes issues des carburants, traditionnellement utilisées pour financer le réseau routier.

Le Royaume‑Uni se trouve confronté à ce dilemme alors que son parc 100 % électrique atteint environ 2 millions de véhicules en circulation. En France, on compte déjà autour de 1,5 million de modèles électriques, un chiffre qui continue de grimper. La tendance met sous pression les budgets nationaux, notamment pour l’entretien des infrastructures.

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De plus, le système actuel de taxes britanniques — où tous les conducteurs paient une taxe sur la circulation, quel que soit le type d’énergie — ne suffit plus à combler l’érosion des revenus liés au carburant. Le gouvernement devait donc imaginer une alternative cohérente. Reste à comprendre ce qui a été décidé et pourquoi cette mesure intrigue particulièrement Bercy.

La réponse du Royaume‑Uni : une taxe au kilomètre dès 2028

Londres a tranché. À partir de 2028, le pays appliquera une taxe au kilomètre pour les véhicules électriques identifiés par leurs plaques vertes. Cette nouvelle contribution, baptisée Electric Vehicle Excise Duty, vise à compenser la diminution des taxes pétrolières.

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Le détail est déjà fixé : 3 pences par mile (soit environ 2 centimes par kilomètre) pour les voitures 100 % électriques, et 1,5 pence par mile pour les hybrides rechargeables. Ces montants semblent faibles individuellement mais deviennent significatifs à l’échelle du parc britannique.

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Le dispositif repose sur une estimation annuelle du kilométrage par les conducteurs lors du paiement de la taxe de circulation. Les véhicules modernes dotés d’une connectivité 4G ou 5G pourront même transmettre automatiquement leurs données de roulage. Une évolution qui pose autant de questions techniques que politiques, mais répond à la volonté d’un système plus précis.

Le texte a aussi été modifié pour s’adapter aux usages professionnels. Les entreprises devront payer une partie de la taxe pour les véhicules de fonction. Les loueurs auront la possibilité de régler à l’avance les redevances encore dues au moment de la revente. Ce niveau de détail montre que Londres prépare une réforme durable. Et cela donne des idées à ses voisins.

Comment ce modèle fonctionnerait concrètement si la France s’en inspirait

Pour mesurer l’impact d’un tel dispositif, il suffit d’observer la mécanique britannique. Elle s’appuie sur trois leviers précis qui pourraient facilement être transposés dans l’Hexagone.

1. Une taxation proportionnelle à l’usage. Le conducteur déclare son kilométrage, ce qui introduit un lien direct entre usage de la route et contribution financière.

2. Un suivi automatisé sur les véhicules connectés. Avec des systèmes embarqués similaires à ceux déjà présents sur les voitures françaises, le transfert automatique de données serait techniquement simple.

3. Un traitement distinct selon les catégories de véhicules. Londres différencie déjà électriques purs, hybrides rechargeables, véhicules de fonction et véhicules loués. Une architecture que la France pourrait reprendre sans modification majeure.

Bercy observe attentivement le modèle d’outre‑Manche. En juin dernier, la Cour des comptes évoquait déjà la question du manque à gagner mais ne recommandait pas encore d’appliquer une taxe au kilomètre pour ne pas freiner la transition énergétique. Ce frein politique pourrait néanmoins évoluer à mesure que les recettes diminuent.

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Ce que la France pourrait adapter : scénarios, limites et opportunités

Un système kilométrique ouvrirait plusieurs pistes pour repenser la fiscalité automobile. Les autorités pourraient par exemple ajuster le taux selon la zone géographique, comme c’est le cas pour certaines ZFE (zones à faibles émissions). Une tarification plus basse hors agglomération réduirait l’impact sur les conducteurs ruraux.

La France pourrait aussi intégrer ce dispositif à son arsenal existant, comme le bonus écologique, le malus CO₂ ou les aides régionales. Une taxe au kilomètre pourrait se combiner avec des mécanismes incitatifs pour les courts trajets ou le covoiturage.

La collecte automatique des données — déjà courante via les systèmes télématiques, les boîtiers GPS ou les services connectés — faciliterait l’adoption technique. Mais elle impliquerait aussi des garanties fortes pour la protection des données personnelles.

Enfin, les flottes professionnelles et les loueurs pourraient bénéficier d’aménagements spécifiques, comme au Royaume‑Uni. Cela sécuriserait les entreprises et préserverait le marché de l’occasion électrique.

Les erreurs à éviter si la France adopte ce système

L’une des principales difficultés serait de maintenir l’adhésion des conducteurs. Une taxe trop élevée pourrait freiner la transition énergétique. Une mesure mal expliquée donnerait l’impression d’une sanction pour ceux qui ont anticipé les recommandations publiques d’électrification.

Il serait également risqué de négliger les écarts d’usage entre conducteurs urbains et ruraux. Un tarif unique ne refléterait pas la diversité du territoire. Enfin, une collecte de données trop intrusive provoquerait des réticences importantes.

Ces aspects montrent qu’un modèle bien conçu ne suffit pas. Il doit aussi être accepté.

Cette réforme britannique pourrait devenir un laboratoire grandeur nature. Elle éclaire les enjeux fiscaux qui attendent la France à mesure que son parc électrique grandit. Mieux vaut l’observer de près, car ce type de taxation pourrait redessiner la mobilité dans les années à venir.

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