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Taxe au kilomètre approuvée : ce que les automobilistes vont vraiment payer et comment leurs trajets seront surveillés

Taxe au kilomètre approuvée : ce que les automobilistes vont vraiment payer et comment leurs trajets seront surveillés

Une nouvelle contribution routière se prépare au Royaume-Uni et elle vise directement les conducteurs qui avaient choisi de ne plus passer à la pompe. Son principe paraît simple, mais ses conséquences peuvent peser sur le budget annuel d’un foyer.

Le point le plus sensible concerne toutefois la confidentialité. Beaucoup imaginent déjà un suivi permanent de chaque déplacement. Le mécanisme prévu repose en réalité sur une méthode bien différente.

Pourquoi les voitures électriques deviennent une question fiscale

L’essor des voitures électriques transforme rapidement les recettes publiques liées à l’automobile. Quand un véhicule ne consomme plus d’essence ou de gazole, il ne contribue plus aux taxes prélevées sur les carburants.

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Cette évolution est loin d’être marginale. En France, les voitures électriques ont représenté 29,6 % des ventes de véhicules neufs en juin 2026. Ce niveau constitue un pic historique, dans un contexte où les ventes de véhicules à batterie progressent dans toute l’Europe.

La hausse des prix des carburants, liée à la crise au Moyen-Orient, renforce aussi l’attrait de la mobilité électrique pour de nombreux ménages. Acheter une voiture électrique peut alors sembler protéger durablement son budget de la volatilité des prix à la pompe.

Mais les États doivent financer les infrastructures routières et compenser la baisse des recettes issues des carburants. En France, cette fiscalité a rapporté 16,3 milliards d’euros à l’État en 2025. Une électrification croissante du parc automobile réduit mécaniquement cette source de financement.

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Le Royaume-Uni a donc choisi d’instaurer une taxe liée à la distance parcourue pour les véhicules électriques. Il ne s’agit pas d’un péage ponctuel, mais d’une contribution annuelle calculée à partir du kilométrage. Reste à savoir exactement qui paiera et à quel niveau.

La réponse : l’eVED fera payer 3 pences par mile dès 2028

La mesure britannique porte le nom d’Electric Vehicle Excise Duty, ou eVED. Cette taxe kilométrique doit entrer en vigueur le 1er avril 2028.

À partir de cette date, les détenteurs d’un véhicule 100 % électrique en Angleterre, en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord devront verser 3 pences par mile parcouru. Cela correspond à environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre.

Le montant peut paraître modeste à première vue. Pourtant, il devient visible lorsque les kilomètres s’accumulent sur une année ou lors d’un long déplacement familial.

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Distance parcourueMontant estimé de l’eVED
1 000 kilomètres aller-retour22 euros
10 000 kilomètres par an220 euros par an

Un trajet de vacances de 1 000 kilomètres aller-retour entraînerait donc environ 22 euros de taxe. Pour un automobiliste parcourant 10 000 kilomètres par an, la contribution atteindrait 220 euros. Cette somme ne sera pas neutre pour les ménages qui avaient intégré l’absence de taxes sur les carburants dans leur calcul d’achat.

L’objectif est clair : compenser en partie l’érosion des recettes fiscales provoquée par l’électrification. Le système ne remet pas en cause le coût réduit de l’électricité face au carburant, mais il ajoute une dépense directement proportionnelle à l’usage de la voiture. Son fonctionnement pratique mérite donc une attention particulière.

Comment les automobilistes déclareront et paieront leurs kilomètres

Le dispositif annoncé ne repose pas sur un traceur embarqué dans la voiture. Aucun suivi GPS ni géolocalisation continue ne sont prévus. C’est un point important pour les conducteurs préoccupés par la protection de leur vie privée.

La procédure reposera sur une déclaration anticipée, puis sur une vérification ultérieure du compteur kilométrique. L’automobiliste ne devra donc pas transmettre le détail de ses itinéraires, de ses horaires ou des lieux fréquentés.

  1. Indiquer le kilométrage annuel du véhicule lors de la première démarche.
  2. Estimer la distance qui sera parcourue au cours de l’année suivante.
  3. Régler la taxe sur la base de cette prévision de kilométrage.
  4. Faire vérifier le kilométrage réel lors des contrôles techniques périodiques.
  5. Accepter un ajustement a posteriori si la distance réellement parcourue diffère de l’estimation.

Ce choix distingue l’eVED d’une tarification routière fondée sur la localisation. Le Royaume-Uni ne prévoit pas de savoir si les kilomètres ont été effectués en ville, sur autoroute, dans une zone rurale ou à proximité du domicile.

Le contrôle technique périodique devient ainsi l’outil de vérification du système. Le compteur kilométrique permet de comparer la déclaration initiale et l’usage réel du véhicule. Si l’estimation était trop basse ou trop élevée, le montant pourra être corrigé après coup.

Pour les automobilistes, la meilleure précaution sera d’évaluer leurs habitudes avec réalisme. Les trajets domicile-travail, les déplacements professionnels, les week-ends et les vacances peuvent faire varier fortement le kilométrage annuel. Mais tous les véhicules électrifiés ne seront pas traités de la même façon.

Véhicules concernés, exemptions et cas des hybrides

L’eVED cible les voitures 100 % électriques. Les conducteurs de ces véhicules devront déclarer leur kilométrage et s’acquitter de la contribution à partir du printemps 2028.

Plusieurs catégories échapperont toutefois à cette nouvelle charge. Ces exemptions concernent des véhicules dont les usages, professionnels ou collectifs, sont très différents de ceux d’une voiture particulière.

  • Les camionnettes électriques
  • Les camions électriques
  • Les bus électriques
  • Les motos électriques
  • Les hybrides non rechargeables

Les hybrides rechargeables ne seront pas totalement exemptés. Ils seront eux aussi taxés, mais à un tarif réduit. Le dispositif opère donc une distinction entre les véhicules électriques à batterie, les hybrides rechargeables et les hybrides non rechargeables.

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Cette différence compte au moment de comparer les motorisations. Une voiture hybride rechargeable combine un moteur thermique et une recharge sur prise. Une hybride non rechargeable récupère notamment de l’énergie au freinage, sans pouvoir être branchée pour recharger sa batterie.

Le calcul financier d’un achat automobile ne se limite donc plus au prix du véhicule, à l’autonomie électrique ou au coût de recharge. Au Royaume-Uni, le kilométrage annuel déclaré devra également être pris en compte. Il existe aussi une exception importante pour les visiteurs étrangers.

Les véhicules étrangers ne paieront pas cette taxe

Les véhicules électriques immatriculés hors du Royaume-Uni ne seront pas concernés par l’eVED. Un automobiliste français qui se rend au Royaume-Uni avec sa voiture électrique ne devra donc pas acquitter cette taxe kilométrique.

Cette règle vaut aussi bien pour un court séjour que pour un itinéraire touristique plus long sur les routes britanniques. Le changement prévu en 2028 n’aura ainsi pas d’impact sur le porte-monnaie des conducteurs étrangers circulant avec un véhicule électrique immatriculé dans leur pays.

Il faut néanmoins éviter une confusion : l’exemption liée à l’immatriculation étrangère ne supprime pas les autres frais éventuels d’un voyage. Elle signifie seulement que l’eVED ne s’applique pas à ces véhicules.

Pour les résidents britanniques, en revanche, la logique est inverse. La taxe est conçue pour s’appliquer aux véhicules concernés du pays, en fonction de leur distance parcourue. Cette absence de discrimination tarifaire pour les visiteurs constitue l’un des éléments les plus remarqués du projet.

La mesure britannique pourrait aussi être observée avec attention ailleurs en Europe. La diminution des taxes sur l’essence et le gazole pose la même question budgétaire dans de nombreux pays. Avant de tirer des conclusions, quelques erreurs d’interprétation doivent être évitées.

Ce qu’il ne faut pas confondre avec une surveillance des trajets

La taxe ne prévoit pas de GPS, ni de suivi en temps réel. Les autorités ne sont pas censées connaître les trajets précis des automobilistes par ce mécanisme. Seul le kilométrage global déclaré, puis contrôlé, sert de base au calcul.

Il ne faut pas non plus croire que tous les véhicules électrifiés paieront le même montant. Les camionnettes, camions, bus, motos électriques et hybrides non rechargeables sont exemptés. Les hybrides rechargeables relèvent d’un tarif réduit, tandis que les voitures entièrement électriques sont au cœur du dispositif.

Enfin, 3 pences par mile ne correspondent pas à 3 pences par kilomètre. La conversion annoncée aboutit à environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre. Une estimation fiable suppose donc de partir de son kilométrage annuel réel.

Pour un conducteur britannique de voiture électrique, noter régulièrement le compteur dès maintenant permettra d’anticiper plus facilement la future dépense. Le 1er avril 2028, le kilométrage ne servira plus seulement à planifier l’entretien : il déterminera aussi une part du budget automobile.

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