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Sandero : la voiture la plus vendue en France est fabriquée au Maroc, et peu d’acheteurs le savent

Sandero : la voiture la plus vendue en France est fabriquée au Maroc, et peu d’acheteurs le savent

Elle domine les ventes aux particuliers et son nom est familier sur les routes françaises. Pourtant, derrière cette citadine au positionnement accessible se cache un parcours industriel que beaucoup d’automobilistes ignorent. Une large part de son histoire se joue de l’autre côté de la Méditerranée, avant son arrivée dans les concessions françaises.

Son succès ne repose pas seulement sur son prix ou sur la notoriété de Dacia. Il dépend aussi d’une usine conçue pour produire à grande échelle, expédier vite et alimenter de nombreux marchés européens. C’est là que l’origine de la Sandero prend tout son sens.

Pourquoi l’origine de la Dacia Sandero intéresse autant les acheteurs français

La Dacia Sandero est devenue un repère du marché automobile français. Le constructeur a annoncé, le 2 septembre, la livraison de la millionième Sandero immatriculée en France depuis le lancement du modèle en 2008.

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Ce cap réunit les deux silhouettes commercialisées sous le même nom : la Sandero classique et la Sandero Stepway, à l’allure plus baroudeuse. Dacia indique également que la Sandero est le modèle le plus vendu aux particuliers en France depuis dix ans.

Pour un acheteur, connaître le lieu de fabrication ne change ni le niveau d’équipement choisi ni l’usage quotidien de la voiture. En revanche, cela éclaire la logique industrielle qui permet à Dacia de proposer un véhicule produit en volumes élevés et diffusé dans une grande partie de l’Europe.

Beaucoup associent spontanément une voiture très présente en France à une production réalisée sur le territoire français. Or, la Sandero est liée à une autre grande base automobile du groupe Renault : le Maroc. Le reportage de BFM Business a suivi ce parcours, des ateliers de fabrication jusqu’au départ des véhicules vers les marchés étrangers.

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Cette organisation repose sur des usines, des fournisseurs, le rail et un port directement reliés entre eux. Mais il faut d’abord identifier précisément le site qui fabrique cette citadine.

La réponse : la Sandero est fabriquée dans l’usine Renault de Tanger, au Maroc

La Dacia Sandero est produite au Maroc, dans le complexe Renault de Tanger. Inauguré en 2012, ce site industriel fabrique la Sandero depuis 2013. Il ne s’agit donc pas d’une activité récente ou marginale dans l’histoire du modèle.

Installée près du détroit de Gibraltar, l’usine de Tanger constitue un maillon majeur de l’appareil industriel de Renault Group. Elle s’étend sur 300 hectares et emploie plus de 6 000 personnes. Ses lignes assemblent aussi le Dacia Jogger et le Renault Express.

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Les chiffres donnent la mesure de la place de la Sandero dans ce dispositif. Selon les données de Renault, l’usine de Tanger a fabriqué 222 257 Sandero en 2025. Ce volume répond à une demande qui dépasse largement le marché marocain, avec une production largement destinée à l’exportation.

Le Maroc est ainsi devenu la deuxième plateforme industrielle mondiale du groupe Renault en volume. Les deux sites de Tanger et de la Somaca, à Casablanca, ont produit ensemble plus de 394 000 véhicules en 2025.

Ce total représente près d’un véhicule sur six vendu par Renault Group dans le monde. La Sandero vendue en France s’inscrit donc dans une chaîne de production internationale structurée, et non dans un simple flux ponctuel d’importation. Reste à comprendre comment ces voitures quittent concrètement l’usine.

Du montage de la Sandero au port : une chaîne logistique pensée pour l’exportation

À Tanger, la fabrication commence bien avant l’assemblage final. Le parcours observé par BFM Business passe par la production de pièces, puis par les différents ateliers où les éléments du véhicule sont réunis jusqu’à obtenir une Sandero prête à être expédiée.

Cette organisation est soutenue par un réseau de fournisseurs proche des lignes de production. Renault compte 87 fournisseurs de premier rang dans son dispositif marocain. Une partie de ces entreprises est implantée dans les zones industrielles proches du port de Tanger Med.

Cette proximité limite les ruptures entre l’arrivée des composants, la fabrication et l’expédition des véhicules finis. Une fois assemblées, les Sandero n’ont pas nécessairement besoin de parcourir la route sur des camions jusqu’au terminal maritime.

  • Les véhicules terminés sont chargés dans l’enceinte ou à proximité directe du complexe industriel.
  • Deux voies ferrées entrent directement dans l’usine Renault de Tanger.
  • Plusieurs rotations quotidiennes acheminent les voitures par train jusqu’au terminal portuaire de Tanger Med.
  • Renault dispose d’un quai dédié pour organiser l’exportation maritime de ses véhicules.

Cette connexion ferroviaire évite une rupture logistique supplémentaire entre l’usine et le port. Elle explique aussi pourquoi Tanger Med occupe une place centrale dans la diffusion des Sandero, des Jogger et des Renault Express produits sur place.

La vocation exportatrice du système est nette. 82 % des véhicules fabriqués à Tanger et à Casablanca partent à l’étranger, vers 63 destinations. La France figure naturellement parmi elles, aux côtés de l’Espagne, de l’Italie et de l’Allemagne.

Pour la Sandero française, le parcours est donc très concret : production à Tanger, transfert ferroviaire vers Tanger Med, puis expédition vers les marchés européens. Mais cette performance industrielle ne dépend pas uniquement de la géographie ou du rail.

Ce que la production marocaine révèle sur le modèle industriel de Renault Group

Le complexe de Tanger ne sert pas uniquement à assembler des voitures. Il associe fabrication, approvisionnement local ou régional, logistique ferroviaire et accès portuaire. Cette concentration des fonctions permet d’organiser des volumes importants vers des dizaines de marchés.

La Somaca de Casablanca complète ce dispositif marocain. Avec Tanger, elle participe au niveau de production de plus de 394 000 véhicules atteint en 2025. Les deux usines expliquent le poids croissant du Maroc dans l’organisation mondiale de Renault Group.

La Sandero n’est pas le seul modèle fabriqué à Tanger. Le Dacia Jogger, véhicule familial de la marque, et le Renault Express y sont aussi assemblés. Cette diversité donne au site un rôle plus large que celui d’une unique ligne dédiée à la citadine.

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Le succès commercial français s’appuie ainsi sur une production pensée pour plusieurs pays. Le fait que les marchés français, espagnol, italien et allemand soient desservis depuis le Maroc montre que l’usine fonctionne à l’échelle européenne et internationale.

Ce schéma rend également visible un élément souvent absent du choix en concession : derrière une voiture compacte se trouve une succession d’acteurs. Les fournisseurs de premier rang, les équipes d’assemblage, le réseau ferroviaire, Tanger Med et le transport maritime interviennent avant la livraison au client.

Un autre aspect du site mérite attention. L’énergie et la gestion de l’eau font partie intégrante de son fonctionnement quotidien, avec des solutions spécifiques mises en avant par Renault.

Éolien, biomasse et recyclage de l’eau : les particularités du site de Tanger

L’usine Renault de Tanger utilise un mix énergétique associant l’énergie éolienne et une chaufferie biomasse. Cette dernière est alimentée notamment par des résidus d’olives, une ressource issue d’une activité agricole très présente au Maroc.

Selon Renault, ces ressources couvrent près de 90 % des besoins énergétiques de l’usine. Ce chiffre concerne le site industriel de Tanger et ses besoins de fonctionnement, et non l’ensemble du cycle de vie d’une Sandero.

La gestion de l’eau industrielle repose également sur un système de recyclage en boucle fermée. Autrement dit, les eaux utilisées dans les processus industriels sont recyclées dans le circuit prévu à cet effet, plutôt que rejetées après une seule utilisation.

Ces éléments s’ajoutent à la proximité des fournisseurs et à la liaison ferroviaire avec Tanger Med. Ils montrent qu’un site automobile ne se résume pas à ses chaînes d’assemblage : il dépend aussi de ses ressources, de son énergie et de son traitement des flux industriels.

Il reste toutefois important de ne pas tirer de conclusions trop rapides à partir du seul pays de fabrication.

Ce qu’il ne faut pas confondre quand on parle d’une Sandero « fabriquée au Maroc »

Dire que la Sandero est fabriquée à Tanger ne signifie pas que chaque composant est nécessairement produit dans cette ville. Renault s’appuie sur 87 fournisseurs de premier rang dans son dispositif marocain, dont une partie se trouve à proximité de Tanger Med.

Il ne faut pas non plus confondre production locale et vente locale. La majorité des véhicules issus de Tanger et de Casablanca est exportée : 82 % partent vers l’étranger, dans 63 destinations. Le marché français constitue donc l’un des débouchés majeurs de cette production.

Enfin, le million de Sandero annoncé en France correspond aux immatriculations cumulées depuis 2008, en intégrant Sandero et Sandero Stepway. Ce chiffre ne désigne pas seulement les véhicules fabriqués à Tanger depuis 2013.

La prochaine fois qu’une Sandero croisera votre route, son histoire industrielle sera plus facile à lire : elle commence dans les ateliers de Tanger, emprunte le rail jusqu’à Tanger Med, puis rejoint les marchés européens. Une trajectoire discrète, mais essentielle au succès de la voiture préférée des particuliers français.

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