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Recharge électrique en immeuble : des milliers de copropriétés vont être équipées gratuitement, sans rien débourser

Recharge électrique en immeuble : des milliers de copropriétés vont être équipées gratuitement, sans rien débourser

Pour de nombreux automobilistes, le passage à la voiture électrique bute moins sur le véhicule que sur une question très concrète : où la recharger une fois rentré chez soi ? En immeuble, l’absence de solution simple dans le parking peut transformer chaque trajet en détour vers une borne publique. Une annonce pourrait changer l’équation pour des milliers de résidences, sans appel de fonds pour les copropriétés.

La recharge à domicile reste le maillon faible de l’habitat collectif

La recharge nocturne est un avantage majeur de l’électrique. Le conducteur branche sa voiture en arrivant, puis la retrouve chargée le matin sans attendre près d’une borne extérieure. Logivolt résume cette ambition avec une comparaison parlante : recharger un véhicule électrique devrait être aussi simple que recharger son téléphone avant d’aller se coucher.

Cette simplicité est pourtant loin d’être acquise pour les habitants d’immeubles. Les propriétaires disposant d’une maison individuelle peuvent plus facilement installer une borne dans leur garage ou sur leur place. En copropriété, il faut composer avec les parties communes, les gaines électriques, le tableau de distribution, le syndic et les besoins futurs des autres résidents.

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Le décalage est important. Selon Clément Molizon, délégué général de l’Association pour le développement de la mobilité électrique, ou Avere, seuls 18 000 immeubles sont aujourd’hui connectés. Cela représente 7,2 % des immeubles collectifs.

Or le marché automobile électrique continue de progresser. La France a enregistré 331 200 immatriculations de véhicules électriques en 2025, et ce nombre devrait être plus élevé en 2026. Sans recharge résidentielle, certains conducteurs restent dépendants des bornes installées dans la rue, en station-service ou sur les parkings commerciaux.

Cette dépendance peut freiner une décision d’achat. La réponse annoncée ne consiste pas seulement à poser une prise isolée pour un automobiliste. Elle vise d’abord à préparer durablement tout le parking.

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Ce qui sera financé gratuitement : l’infrastructure collective de recharge

Le dispositif porté par Logivolt concerne le pré-équipement des places de stationnement. Autrement dit, il s’agit de financer l’infrastructure électrique collective qui permet ensuite d’installer et d’alimenter des points de recharge au fur et à mesure des demandes.

Logivolt est une filiale de la Caisse des dépôts. L’entreprise annonce avoir réuni 300 millions d’euros pour accélérer le déploiement de ces infrastructures dans l’habitat collectif privé et social. Dans le détail, ce financement comprend 200 millions d’euros apportés par la Caisse des dépôts et 100 millions d’euros provenant des banques du groupe Banque populaire Caisse d’épargne.

Ce prêt s’ajoute aux 190 millions d’euros déjà engagés par la Caisse des dépôts. La capacité financière de Logivolt atteint ainsi près de 500 millions d’euros. L’objectif est clair : éviter que la copropriété doive avancer le coût du socle technique commun.

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ÉlémentDonnée annoncée
Nouveau financement300 millions d’euros
Part de la Caisse des dépôts200 millions d’euros
Part des banques Banque populaire Caisse d’épargne100 millions d’euros
Engagement antérieur de la Caisse des dépôts190 millions d’euros
Capacité financière totale de LogivoltPrès de 500 millions d’euros

Le “sans rien débourser” concerne donc l’infrastructure collective, sans reste à charge pour la copropriété. La borne individuelle, son raccordement final et l’électricité consommée relèvent ensuite des modalités prévues avec l’opérateur et l’utilisateur concerné. Cette distinction évite une confusion fréquente.

Reste à savoir comment une résidence peut transformer cette promesse financière en équipement concret dans son parking.

Comment une copropriété peut se préparer à l’installation

Une infrastructure de recharge collective commence par un projet bien cadré. Le syndic, le conseil syndical et les copropriétaires doivent identifier la configuration du parc de stationnement : parking intérieur ou extérieur, places privatives, nombre de niveaux, distance jusqu’au point de livraison électrique et possibilités de passage des câbles.

La démarche peut s’organiser en plusieurs étapes.

  1. Évaluer les besoins du parking. Recensez le nombre de places, les demandes déjà exprimées par les résidents et les contraintes d’accès. Même si peu de conducteurs sont équipés aujourd’hui, le réseau doit pouvoir accompagner une montée en charge.
  2. Demander une étude technique. Un opérateur de recharge analyse le tableau électrique, les cheminements, les protections nécessaires et le type d’architecture adapté. Le pré-équipement prévoit notamment les câbles et éléments de distribution communs.
  3. Présenter le projet en assemblée générale. La copropriété doit pouvoir examiner les modalités de l’installation, l’accès des résidents et le rôle du prestataire. Il est utile de distinguer clairement les ouvrages communs et les équipements individuels.
  4. Faire financer l’infrastructure collective. Dans le modèle annoncé par Logivolt, le financement vise à supprimer le reste à charge pour la copropriété sur cette partie commune. L’immeuble évite ainsi de faire payer immédiatement des résidents qui n’ont pas encore besoin de recharger.
  5. Raccorder les utilisateurs progressivement. Lorsqu’un occupant acquiert un véhicule électrique, il peut demander l’activation ou l’installation du point de charge associé à sa place, selon l’organisation retenue dans l’immeuble.

Cette logique évite de refaire des travaux à chaque nouvelle demande. Au lieu d’ajouter des installations dispersées, la résidence dispose d’une colonne électrique et d’une distribution conçues pour évoluer. C’est particulièrement utile dans les grands parkings, où les travaux de génie civil et le tirage de câbles peuvent devenir complexes.

La recharge s’effectue alors en “temps masqué”, expression employée pour décrire la période où la voiture reste stationnée au domicile. L’automobiliste n’a pas besoin de réserver une borne publique ou de modifier son emploi du temps autour de la recharge.

Mais la dimension du programme dépasse largement les seules résidences déjà prêtes à engager un projet.

26 000 immeubles et 1,7 million de places visés d’ici à 2030

Logivolt s’est fixé un objectif national : pré-équiper 26 000 immeubles d’habitation et 1,7 million de places de stationnement d’ici à 2030. Le programme couvre l’ensemble de la France, outre-mer compris, ainsi que l’habitat collectif privé et social.

Cette trajectoire est cohérente avec le plan d’électrification du gouvernement présenté en avril 2026. Elle répond à un enjeu d’accès : tous les ménages ne vivent pas dans une maison avec une prise disponible près de leur véhicule.

Le pré-équipement collectif repose sur une idée simple. Une résidence n’attend pas que chaque place réclame une borne pour préparer son installation électrique. Elle anticipe les usages futurs et répartit la complexité technique à l’échelle du bâtiment.

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Dans les faits, plusieurs notions entrent en jeu :

  • La puissance disponible, qui détermine la capacité électrique mobilisable pour le parking.
  • Le pilotage de charge, qui peut répartir la puissance entre plusieurs véhicules afin d’éviter les surcharges.
  • Le comptage individuel, nécessaire pour attribuer la consommation d’électricité à chaque utilisateur.
  • La supervision, qui permet à l’opérateur de suivre le fonctionnement des équipements et de gérer les accès.
  • L’évolutivité, essentielle pour raccorder de nouvelles places sans reprendre l’ensemble du chantier.

Cette approche collective ne promet pas que tous les résidents installeront une borne immédiatement. Elle leur donne surtout la possibilité de le faire plus facilement lorsque leur besoin apparaîtra. C’est un détail déterminant dans un parc immobilier où seulement 7,2 % des immeubles collectifs sont actuellement connectés.

Pour que l’installation soit réellement utile, quelques choix pratiques doivent toutefois être anticipés dès le départ.

Les choix qui rendent un projet de recharge durable

Le premier bon réflexe consiste à raisonner à l’échelle de tout le parking. Une borne installée pour un seul véhicule peut répondre à une urgence, mais une infrastructure collective prépare l’arrivée progressive de plusieurs voitures électriques ou hybrides rechargeables.

Le second consiste à demander une solution transparente sur les responsabilités. La copropriété doit savoir qui entretient l’infrastructure, qui répond en cas de panne, comment les utilisateurs sont facturés et comment un nouvel occupant peut être raccordé.

Il est également préférable de prévoir le pilotage de charge. Lorsqu’un grand nombre de véhicules se branchent en soirée, la puissance appelée peut augmenter rapidement. La recharge intelligente permet de moduler les appels de puissance selon les capacités de l’installation.

Enfin, l’emplacement des équipements compte. Les cheminements de câbles, les armoires électriques, les protections et l’identification des places doivent rester accessibles sans gêner les circulations ni compromettre la sécurité du parking. Une étude préalable sérieuse évite des adaptations coûteuses.

Ces précautions ne ralentissent pas le projet. Elles permettent au contraire de préserver la promesse initiale : une recharge domestique simple, sans reporter une contrainte imprévue sur les habitants.

Les erreurs à éviter avant de parler de borne gratuite

La première erreur serait de croire que le financement collectif signifie une borne personnelle gratuite pour chaque place. L’annonce porte sur le pré-équipement et les infrastructures communes, avec une absence de reste à charge pour les copropriétés sur ce volet.

Il ne faut pas non plus attendre que tous les résidents possèdent une voiture électrique. Le principe même du pré-équipement est d’anticiper, alors que les immatriculations ont déjà atteint 331 200 véhicules électriques en France en 2025.

Enfin, une borne extérieure ne doit pas être considérée comme une solution équivalente dans tous les usages. Elle peut dépanner, mais elle impose parfois un déplacement et du temps. La recharge à domicile pendant l’immobilisation nocturne reste l’objectif recherché par Logivolt.

Pour une copropriété, le bon point de départ est donc d’inscrire le sujet à l’ordre du jour et de demander une étude adaptée au parking. Préparer le réseau aujourd’hui peut éviter que la recharge devienne demain un obstacle au choix d’un véhicule électrique.

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