Peugeot 505 Turbo Injection : cette rare berline du Rhône a appartenu à un ancien président de la République

Une berline française des années 1980 vient de rejoindre une collection déjà hors norme près de Lyon. Sa teinte vert mousse, son cuir brun foncé et son histoire personnelle lui donnent une aura bien différente de celle d’une simple youngtimer. Derrière cette Peugeot 505 Turbo Injection se cache en effet le souvenir d’un ancien locataire de l’Élysée.
Une acquisition qui enrichit une collection présidentielle dans le Rhône
Le garage AMG Sport, installé à Grigny dans le Rhône, vient de réaliser une acquisition singulière. Son dirigeant, Stéphane Cerqueira, a récupéré une Peugeot 505 Turbo Injection dotée d’une provenance particulièrement prestigieuse.
Cette voiture n’est pas seulement une grande routière sportive fabriquée à Sochaux. Elle a été la voiture personnelle de Valéry Giscard d’Estaing, président de la République française de 1974 à 1981.
La 505 complète une série déjà remarquable dans la collection de Stéphane Cerqueira. Le garage abrite notamment une Citroën CX ayant appartenu à Jacques Chirac ainsi qu’une Citroën C6 liée à Nicolas Sarkozy. Trois automobiles françaises, trois périodes politiques et trois visions de la berline présidentielle.
Ces modèles racontent aussi une époque où les grandes berlines nationales incarnaient le confort, le statut et une certaine idée du voyage sur route. La Peugeot 505, avec sa mécanique turbocompressée, ajoute une dimension plus sportive à cet ensemble. Mais son intérêt tient d’abord à la commande très personnelle dont elle a fait l’objet.
Reste à savoir ce qui distinguait précisément cette 505 de celles que l’on pouvait croiser chez les concessionnaires Peugeot à la fin des années 1980.

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Lire l'articleLa Peugeot 505 Turbo Injection de Valéry Giscard d’Estaing était une commande spéciale
La réponse est claire : cette Peugeot 505 Turbo Injection a été achetée par Valéry Giscard d’Estaing en août 1987. L’ancien président avait alors quitté l’Élysée depuis six ans, mais il a choisi une berline française très performante pour ses déplacements personnels.
Il ne s’agissait pas d’un exemplaire standard. La voiture a fait l’objet d’une commande spéciale, avec une élégante peinture vert mousse, un habitacle en cuir marron foncé et un toit ouvrant électrique. Cette combinaison donne à l’auto une identité discrète, mais sophistiquée.
Le choix est révélateur de la place de la Peugeot 505 dans son époque. Cette berline familiale pouvait se montrer confortable et statutaire, tout en proposant dans sa version Turbo Injection des performances alors très sérieuses. Elle associait donc l’allure classique d’une grande Peugeot à un tempérament beaucoup plus affirmé.
La voiture a été livrée au château de Varvasse, à Chanonat, dans le Puy-de-Dôme. C’est dans cette commune d’Auvergne que résidait Valéry Giscard d’Estaing. Il a ensuite parcouru les routes auvergnates à son volant.
Cette provenance ne relève pas d’une simple tradition orale. La date de cession et les documents d’immatriculation permettent de suivre l’histoire de l’auto. Son niveau de performance explique aussi pourquoi cette 505 méritait déjà l’attention des amateurs, même sans son ancien propriétaire célèbre.
180 chevaux et 200 km/h : pourquoi cette 505 était une sportive déguisée
La Peugeot 505 Turbo Injection développait 180 CV. Pour une berline française de son temps, ce chiffre plaçait clairement le modèle dans la catégorie des routières rapides.
Sa vitesse maximale pouvait atteindre 200 km/h. Elle réalisait également le kilomètre départ arrêté en moins de 30 secondes, une référence à l’époque pour mesurer les performances d’une automobile.
Cette efficacité reposait sur le travail des ingénieurs de Montbéliard, en collaboration avec Porsche. Sous le capot, ils avaient installé un turbocompresseur Garett T3 sur le moteur quatre cylindres en ligne Chrysler.
| Élément | Caractéristique de cette Peugeot 505 |
|---|---|
| Modèle | Peugeot 505 Turbo Injection |
| Puissance | 180 CV |
| Vitesse de pointe | Jusqu’à 200 km/h |
| Kilomètre départ arrêté | Moins de 30 secondes |
| Suralimentation | Turbocompresseur Garett T3 |
| Moteur | Quatre cylindres en ligne Chrysler |
Un turbocompresseur utilise l’énergie des gaz d’échappement pour envoyer davantage d’air dans le moteur. Cette suralimentation permet d’accroître les performances sans changer l’architecture générale du bloc. Dans le cas de la 505 Turbo Injection, elle transformait une berline de grand gabarit en voiture capable d’avaler les longues distances à vive allure.
Le nom « Turbo Injection » résume cette personnalité. Il évoque à la fois la suralimentation et une mécanique pensée pour offrir des reprises franches. Encore fallait-il conserver et identifier correctement un exemplaire aussi particulier.
Les repères essentiels pour comprendre l’histoire de cet exemplaire
Pour apprécier l’intérêt de cette Peugeot 505, il faut replacer ses principaux jalons dans l’ordre. Son parcours relie Sochaux, l’Auvergne et désormais Grigny, avec une documentation qui constitue une partie essentielle de son identité.
- Identifier sa fabrication : cette Peugeot 505 a été produite à Sochaux, site historique de la marque Peugeot. Cette origine industrielle renforce son statut de grande berline française.
- Retenir la date d’achat : Valéry Giscard d’Estaing l’a acquise en août 1987. La voiture était donc destinée à son usage personnel après sa présidence.
- Reconnaître sa configuration : le vert mousse, le cuir marron foncé et le toit ouvrant électrique ne sont pas des détails secondaires. Ils correspondent à la commande spéciale de l’ancien chef de l’État.
- Suivre le lieu de livraison : l’auto a été livrée au château de Varvasse, à Chanonat, dans le Puy-de-Dôme. Elle a ensuite circulé sur les routes d’Auvergne.
- Vérifier la cession : la Peugeot a été revendue le 1er janvier 1993. La carte grise porte la signature de Valéry Giscard d’Estaing, ce qui atteste ce changement de propriétaire.
- Considérer son arrivée actuelle : elle appartient désormais à Stéphane Cerqueira et rejoint la collection du garage AMG Sport à Grigny.
Dans une automobile de collection, les éléments mécaniques comptent beaucoup. Mais la cohérence entre la teinte, l’intérieur, l’équipement, les documents et l’histoire du propriétaire compte tout autant. Ici, la carte grise signée apporte un lien direct avec l’ancien président.
Cette auto réunit ainsi trois dimensions : la mémoire politique, le patrimoine industriel de Peugeot et la culture des sportives turbocompressées des années 1980. Son intérêt dépasse largement la seule fiche technique.
Une place à part parmi les berlines françaises liées aux présidents
La Peugeot 505 Turbo Injection rejoint deux autres automobiles présidentielles conservées par Stéphane Cerqueira. La Citroën CX de Jacques Chirac renvoie à une autre grande berline emblématique du paysage automobile français.
La Citroën C6 de Nicolas Sarkozy appartient, elle, à une période plus récente. Avec la 505 de Valéry Giscard d’Estaing, la collection dessine un parcours à travers plusieurs décennies de la présidence française et de l’industrie automobile nationale.
| Ancien président | Automobile présente dans la collection |
|---|---|
| Valéry Giscard d’Estaing | Peugeot 505 Turbo Injection |
| Jacques Chirac | Citroën CX |
| Nicolas Sarkozy | Citroën C6 |
La 505 se distingue toutefois par son caractère de voiture personnelle et par son orientation mécanique. Là où l’on associe volontiers les voitures de représentation au protocole et aux trajets officiels, cette Peugeot raconte des déplacements privés en Auvergne, au départ de Chanonat.
Son toit ouvrant électrique et son habitacle en cuir soulignent une recherche de confort. Ses 180 CV et son turbo Garett T3 rappellent qu’elle pouvait aussi exprimer un goût pour les performances. Ce mélange rend son histoire particulièrement cohérente.
La rareté d’un véhicule ne se résume donc pas à son nombre d’exemplaires. Une provenance documentée et une configuration spécifique peuvent faire basculer une berline connue dans une autre catégorie patrimoniale.
Ce qu’il ne faut pas confondre dans l’histoire de cette 505
Cette Peugeot 505 n’est pas présentée comme une limousine officielle de l’Élysée. Elle est décrite comme la voiture personnelle de Valéry Giscard d’Estaing, achetée après son mandat présidentiel.
Il ne faut pas non plus réduire son intérêt à sa seule couleur vert mousse. Son intérieur en cuir marron foncé, son toit ouvrant électrique, sa mécanique turbocompressée et sa documentation forment un ensemble indissociable.
Enfin, la date importante n’est pas uniquement celle de l’acquisition en août 1987. La revente du 1er janvier 1993 est également déterminante, car elle est confirmée par une carte grise signée de l’ancien président.
Au garage AMG Sport de Grigny, cette « Lionne » trouve ainsi une place logique : celle d’une berline française rapide, personnalisée et directement reliée à une figure majeure de la Ve République.
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