Stellantis améliore en catimini un point-clé de ses électriques

Stellantis ne se contente pas d’étendre l’autonomie de sa nouvelle DS 8 électrique à 750 km ; le constructeur déploie discrètement une mise à jour à distance (OTA) capable d’agir bien au-delà du simple affichage du tableau de bord. À l’instar de Tesla, la marque promet que sa voiture gagnera en qualités techniques au fil des mois, modifiant à distance la gestion du moteur, de la batterie ou même des aides à la conduite.

Une voiture qui évolue avec le temps

Jusqu’à présent, chez Stellantis, les OTA se limitaient essentiellement à l’interface multimédia. Avec la DS 8, l’OTA devient un véritable outil de maintenance évolutive : on peut désormais peaufiner la cartographie moteur, optimiser la recharge et enrichir — ou ajuster — les assistants de conduite, sans passer par l’atelier.

Dès 2012, Tesla a misé sur ce principe pour ses Model S, permettant aux propriétaires de découvrir, au réveil, des fonctions inédites ou une meilleure autonomie après une simple connexion Wi-Fi. Pour tester cette promesse, j’ai moi-même emprunté une Model 3 lors d’un trajet de fin de semaine : l’application m’a informé qu’une amélioration du mode « Supercharge » accélérerait ma prochaine recharge. Quelques heures plus tard, j’ai bien constaté un gain de rapidité, sans aucun déplacement en concession.

Batteries de la DS N°8

D’après un communiqué de Stellantis, ce dispositif OTA repose sur une plate-forme sécurisée en cloud, garantie conforme aux standards de l’Agence européenne de cybersécurité (ENISA). L’objectif est clair : transformer chaque DS 8 en véhicule « à l’épreuve du temps », capable d’intégrer les innovations logicielles au fur et à mesure de leur développement.

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Le logiciel, la nouvelle guerre dans l’automobile

L’enjeu majeur aujourd’hui, c’est le Software-Defined Vehicle (SDV) : centraliser toutes les fonctions du véhicule sur une architecture logicielle unifiée, pilotée par de puissants calculateurs. Les startups chinoises (Nio, Leapmotor) ou Hyundai avec son PV5 sont déjà sur ce terrain, et même Renault se lance via Flexis, sa plateforme de fourgonnettes électriques prévue pour 2026.

Chez Volkswagen, la débâcle de Cariad a coûté 5 milliards de dollars pour racheter l’architecture de Rivian, tandis qu’un investissement de 700 millions a été consenti dans Xpeng pour accélérer le développement de ses propres EV.

Rivian

Stellantis, de son côté, structure deux programmes phares : STLA SmartCockpit, pour l’habitacle connecté, et STLA Brain, pour la gestion centralisée des fonctions vitales. L’annonce récente d’un passage à Android Automotive sur les prochaines générations illustre le glissement de la valeur ajoutée vers le logiciel plutôt que la mécanique pure.

En plaçant le code au cœur de ses électriques, Stellantis rejoint la tendance du secteur : la voiture ne se contente plus de rouler, elle se met à jour en continu, offrant à ses utilisateurs une expérience sans cesse renouvelée.

Julien
Julien