Cette voiture suisse roule grâce à une essence produite au solaire

Quand une voiture de collection croise la route des énergies renouvelables, cela donne une scène presque surréaliste : une sportive de 1985 avalant les lacets suisses, non pas grâce à de l’essence classique, mais propulsée par un carburant… issu du soleil. Une prouesse technologique qui intrigue autant qu’elle interroge sur l’avenir des transports.

Une voiture ancienne, une technologie d’avenir

Lors d’un rassemblement de véhicules d’exception organisé en Suisse, les regards se sont braqués non pas sur une hypercar futuriste, mais sur une Audi des années 80. Rien de modifié sous le capot, et pourtant, cette voiture roulait grâce à une essence solaire. L’expérience, orchestrée par l’importateur Audi en Suisse et la start-up Synhelion, a permis de parcourir 340 km sur routes de montagne avec un carburant révolutionnaire.

Le secret ? Un carburant synthétique conçu à partir de l’énergie solaire. L’idée centrale repose sur l’utilisation d’un héliostat, un dispositif qui concentre les rayons du soleil vers un point précis pour produire de la chaleur extrême.

Comment produit-on de l’essence avec du soleil ?

Dans le laboratoire de Synhelion, la chaleur solaire est utilisée pour chauffer des déchets agricoles, qui libèrent du méthane et du CO2. Ces gaz sont ensuite combinés à de l’hydrogène extrait de l’eau, pour former ce que l’entreprise appelle du syngas (gaz de synthèse).

Une fois refroidi, ce gaz devient un liquide aux allures de pétrole brut. Il ne reste plus qu’à le raffiner pour obtenir de l’essence, du diesel ou même du kérosène. L’avantage ? Ce carburant peut être utilisé dans des moteurs existants, sans modifications, ce qui représente un énorme gain de temps et d’investissement pour une transition énergétique douce.

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Pas une alternative miracle, mais un complément prometteur

Il faut toutefois tempérer l’enthousiasme. Ce carburant, bien que solaire, n’est pas totalement exempt d’émissions polluantes. Il produit notamment des particules fines, en moindre quantité certes, mais elles restent présentes. Synhelion ne prétend d’ailleurs pas rivaliser avec l’électrique, mais plutôt proposer une alternative dans les domaines où l’électrification est complexe, comme l’aviation ou le transport maritime.

Le solaire utilisé dans ce processus pourrait, selon certains experts, être encore plus rentable pour alimenter directement des batteries de véhicules électriques. Mais là où les infrastructures électriques manquent ou ne sont pas viables (zones rurales, pays chauds, activités maritimes), cette essence nouvelle génération trouve toute sa pertinence.

Synhelion ouvre ainsi une brèche dans le secteur très fermé des carburants renouvelables. L’idée que le soleil puisse produire de l’essence qui alimente une vieille voiture sans la modifier a quelque chose de poétique… mais aussi de profondément pragmatique. Un pas de plus vers un futur où les technologies ne s’opposent plus, mais se complètent intelligemment.

 

Julien
Julien