Prix des carburants : l’AIE prédit qu’un tiers des voitures vendues en 2026 seront électriques

Faire le plein coûte plus cher et l’incertitude sur les prix des carburants revient au premier plan. Dans ce contexte, un basculement discret mais massif se prépare sur le marché automobile mondial. Il pourrait concerner près d’une voiture neuve sur trois dès cette année.
La prévision vient d’être légèrement relevée, alors même que les ventes automobiles globales ralentissent. Ce contraste raconte beaucoup de choses sur les choix des conducteurs, des constructeurs et des pouvoirs publics.
Pourquoi la hausse des carburants change les arbitrages automobiles
Le marché automobile mondial traverse une phase morose. Pourtant, certains modèles continuent de gagner du terrain à un rythme soutenu, portés par un facteur devenu central pour les ménages comme pour les entreprises : la volatilité du budget énergie.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la flambée des prix des carburants a remis le coût d’usage d’une voiture au cœur des décisions d’achat. L’essence et le diesel ne sont plus seulement un poste de dépense régulier. Ils deviennent aussi une source d’incertitude.
L’Agence internationale de l’énergie, ou AIE, observe que cette crise énergétique a contribué à replacer les fluctuations des cours des carburants au premier plan. Pour les acheteurs, le prix affiché d’un véhicule ne suffit donc plus à comparer deux motorisations.
Il faut aussi considérer les dépenses de recharge ou de carburant, les aides disponibles, l’accès aux bornes et les usages quotidiens. Dans plusieurs régions, les politiques de soutien renforcent encore cet arbitrage en faveur des modèles électrifiés.

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Lire l'articleLa situation est d’autant plus notable que les deux plus grands marchés automobiles, la Chine et les États-Unis, ont reculé au premier semestre. Les ventes de voitures neuves y ont diminué de 20 % en Chine et de plus de 3 % aux États-Unis.
La conjoncture, les prix élevés des carburants et des aides moins favorables expliquent cette faiblesse. Mais au milieu de ce ralentissement, une catégorie de véhicules résiste beaucoup mieux.
L’AIE prévoit 23 millions de voitures électriques vendues en 2026
La réponse est claire : il s’agit des voitures électriques. Selon les prévisions publiées par l’AIE jeudi 30 juillet, elles devraient représenter 29 % des ventes mondiales de voitures neuves en 2026.
Autrement dit, près d’une vente sur trois serait électrique. L’Agence internationale de l’énergie a légèrement révisé à la hausse son estimation publiée en mai, qui tablait alors sur 28 % du marché mondial.
Le mouvement est rapide. La part de marché des voitures électriques était de 20 % en 2024, puis de 25 % en 2025. Elle atteindrait donc 29 % en 2026, malgré un environnement difficile pour l’ensemble du secteur automobile.
| Année | Part estimée des voitures électriques dans les ventes mondiales |
|---|---|
| 2024 | 20 % |
| 2025 | 25 % |
| 2026 | 29 % |
L’AIE prévoit 23 millions de voitures électriques vendues dans le monde cette année. Cela correspond à une progression d’environ 10 % par rapport à 2025.
Cette dynamique ne signifie pas que le marché progresse sans à-coups. Les ventes ont d’abord reculé au cours des trois premiers mois de l’année. Mais elles ont rebondi de 4 % au deuxième trimestre, pour atteindre 5 millions de véhicules électriques.
Sur l’ensemble du premier semestre, le repli reste limité. Plus de 9 millions de voitures électriques ont été vendues, soit une légère baisse d’environ 1 % seulement. Ce redressement au printemps a donc compensé une partie du recul initial.
Ces chiffres montrent que l’électrique évolue désormais selon sa propre dynamique, distincte de celle des véhicules thermiques. Reste à comprendre quels marchés soutiennent réellement cette progression.
Les marchés qui portent la croissance de l’électrique
L’Europe a enregistré la hausse la plus marquée au premier semestre. Les ventes de voitures électriques y ont progressé de 30 % par rapport à la même période de 2025, dans un contexte où les dispositifs d’aide sont largement répandus.
Trois pays se distinguent particulièrement. L’Allemagne a enregistré 140 000 ventes supplémentaires. Le Royaume-Uni a gagné 100 000 unités et la France 95 000.
| Marché européen | Hausse des ventes de voitures électriques au premier semestre |
|---|---|
| Allemagne | +140 000 |
| Royaume-Uni | +100 000 |
| France | +95 000 |
| Europe | +30 % par rapport au premier semestre 2025 |
Aux États-Unis, le parcours est plus contrasté. Après une baisse en janvier et février, liée à la disparition d’un crédit d’impôt fédéral, les ventes de véhicules électriques sont reparties à la hausse dès mars.
Elles restent toutefois sous leur niveau de 2025. Cet exemple rappelle l’importance des aides publiques dans le calendrier d’achat, en particulier lorsque le prix d’acquisition demeure un frein pour une partie des automobilistes.
La poussée ne se limite pas à l’Europe. Les ventes ont presque doublé dans plusieurs marchés déjà bien engagés, notamment en Australie, au Brésil, en Corée du Sud, en Inde et au Vietnam.
- Europe : soutien public répandu et croissance particulièrement forte au premier semestre.
- Amérique latine : développement des politiques favorables à l’électrique.
- Asie du Sud-Est : expansion des dispositifs de soutien et marchés en progression.
- Australie, Brésil, Corée du Sud, Inde, Vietnam : ventes presque doublées sur plusieurs de ces marchés.
Cette diversification est essentielle. Elle permet au marché mondial de moins dépendre d’un seul pays, alors que le géant chinois ralentit.
La Chine reste dominante, mais ses volumes devraient stagner
La Chine conserverait une place déterminante dans les ventes mondiales de voitures électriques. L’AIE prévoit que l’électrique y atteindra une part record de plus de 60 % du marché automobile en 2026.
Cette proportion impressionnante ne se traduira pourtant pas par une forte hausse des volumes. Pour la première fois de la décennie, le nombre de voitures électriques vendues en Chine devrait stagner, autour de 13,2 millions d’unités.
Le marché chinois reste donc immense, mais son ralentissement pèse sur les perspectives mondiales. L’expansion européenne et la progression de marchés comme le Brésil, l’Inde ou le Vietnam doivent ainsi compenser cette stagnation.
Cette évolution souligne une différence importante entre une part de marché et un volume de ventes. Une voiture électrique peut gagner du poids dans un marché local, même si le nombre total de voitures neuves vendues recule.
C’est précisément ce qui rend les prévisions de l’AIE significatives. Elles ne reposent pas sur un marché automobile mondial en pleine expansion, mais sur une accélération de l’électrique au sein d’un marché affaibli.
Il faut donc lire le seuil des 29 % comme un changement de structure du secteur. Mais une prévision forte ne doit pas faire oublier les fragilités qui l’accompagnent.
Ce qu’il faut retenir avant de comparer thermique et électrique
La hausse de la part des véhicules électriques ne signifie pas que tous les automobilistes vivent la même transition. L’accès à la recharge, les aides nationales ou locales et le prix des carburants varient fortement d’un pays à l’autre.
Il faut aussi éviter de confondre rebond trimestriel et croissance continue. Au deuxième trimestre, les ventes mondiales d’électriques ont progressé de 4 %, après un premier trimestre en recul. Sur six mois, le résultat reste une légère baisse d’environ 1 %.
Autre point à surveiller : les politiques publiques. Aux États-Unis, la suppression du crédit d’impôt fédéral a été suivie d’une baisse des ventes en janvier et février. Les aides peuvent donc accélérer ou freiner les achats à court terme.
Enfin, le recul annoncé du marché automobile global compte autant que la progression de l’électrique. L’AIE prévoit que 2026 enregistrera une baisse par rapport à 2025 pour l’ensemble du marché mondial.
Dans ce contexte, le chiffre de 29 % prend une portée particulière. Il traduit moins une euphorie automobile qu’un déplacement durable des choix vers une motorisation moins exposée aux prix de l’essence et du diesel.
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